L'analyse des résultats sécurité en France (lien pour l'article Résultats securité 2025 par région) amène à avoir des examens plus précis par région pour mieux comprendre la situation de chacune d'entre elles.
Cet article est donc dédié aux résultats de la région Grand Est
Le Grand Est est né de la fusion artificielle de trois anciennes régions : l'Alsace et ses caractéristiques linguistiques et historiques, la Lorraine ancien haut lieu de la sidérurgie française et la Champagne -Ardennes prolongation du bassin parisien. Historiquement et géographiquement, rien ne relie ces anciennes provinces françaises. Mais au niveau de l'Hexagone, chacune d'entre elles est indispensable et fait partie de notre patrimoine. De la cathédrale de Strasbourg à celle de Reims en passant par les trois évêchés Metz, Toul et Verdun, des champs de bataille ayant créé notre histoire tels Valmy ou Verdun, des vins de la plaine d'Alsace à ceux de Champagne en passant par l'eau de vie de mirabelle, des spécialités comme la choucroute alsacienne, la quiche lorraine, l'andouillette de Troyes, tous ces trésors font partie de la mosaïque France et constitue des piliers de notre patrimoine. Mais au point de vue sécurité, comment se place cette région ? Existe-t-il des disparités liées à l'histoire ou la géographie des anciennes provinces ? Le calme semble être dans ses gènes, mais est-ce réellement le cas ? Nous tenterons de répondre à ces questions ci dessous en donnant les grands traits de la région et de ses départements. Pour les plus courageux et avides de statistiques, vous pourrez découvrir l'évolution par département et par famille de délits depuis 2016. Bonne lecture à tous..
Synthèse :
- La région :
En termes de sécurité, la région Grand Est se situe dans la moyenne nationale. 7ème sur 13, elle perd 3 places en une décennie. Le point faible régional est le fort taux d'actes de violences, en particulier dans l'ancienne Champagne Ardennes. A près de 9 cas pour mille habitants, son score est décevant. Le nombre de cas a quasiment doublé en une décennie. Les violences intrafamiliales en sont la cause majeure progressant de plus de 130%. Cela ne doit pas occulter la contre performance sur les autres catégories de violence : violences sexuelles en hausse de 150% et violences urbaines en augmentation de 32%. Une autre particularité est la stagnation du nombre de vols quelque soit la catégorie, dans un contexte de baisse générale sur l'ensemble du territoire.
Deux bonnes nouvelles tout de même. La région est relativement épargnée par les fraudes et escroqueries aux moyens de paiement. Malgré une hausse de 85%, elle se situe en seconde position, s'offrant le luxe de placer quatre départements dans le TOP 10 nationale. L'autre fait positif est la faible progression de l'usage et du trafic de stupéfiants en comparaison avec les résultats sur l'ensemble du pays. Paradoxalement, ce sont les départements plus ruraux qui sont le plus affecté par ce fléau qui habituellement se développe d'abord dans les espaces urbains, pour se répandre dans les banlieues puis en zone péri-urbaine. La croissance du nombre de cas s'est manifestée sur 2025. En espérant que ce ne soit pas le début d'une nouvelle crise !
- Les départements :
- Les Ardennes : un sanglier blessé.
Les Ardennes se comportent comme leur emblème : le sanglier. Mais un sanglier blessé, qui devient violent. Avec un score de plus de 10 cas de violences pour mille habitants et une augmentation du nombre de près de 100%, le département fait partie des mauvais élèves se classant 90ème sur 96. Paradoxalement, les violences sexuelles, même si elles doublent ne pénalisent pas le résultat. Ce sont surtout les actes de violences intrafamiliales et dans l'espace public qui font la mauvaise réputation des Ardennes (dans le TOP 10 des plus mauvais dans les deux catégories). Autre fait marquant, la forte progression des cambriolages, de l'ordre de 35%, alors que partout ailleurs le développement des alarmes et l'amélioration de la sécurité des habitats amènent une amélioration des résultats. Le taux de procès verbaux pour usage ou trafic de stupéfiants est aussi préoccupant, augmentant d'un quart en 10 ans. Seule embellie, le faible taux de fraudes aux moyens de paiement, mais c'est une caractéristiques régionales.
- L'Aube : le coq se tait
Le coq aubois à décider de ne plus chanter. Honteux de ses résultats, il a décidé de faire profil bas. Il a honte de positionner en dernière position régionale dans la catégories violence. Pire que ça, il est même dans le Top 10 des plus mauvais départements français sur cet item, se classant 6ème en partant de la fin. Là encore, ce n'est pas tant le doublement des actes de violences sexuelles qui pénalisent le département, mais ses scores élevés sur les items de violences intra et extra familiales. Dans le TOP 10 des cancres dans ces deux catégories, le coq se cache. Il a aussi honte de son niveau de cambriolages a 4 cas pour mille habitants. Et que dire, de l'augmentation des délits pour usage et trafic de stupéfiants de 74%. Même si le nombre de cas est encore limité, le département se classant 42ème au niveau national, la prolifération de ce fléau tentaculaire n'augure rien de bon. Un rayon de soleil dans ce monde gris, la baisse d'un quart des actes de dégradations volontaires, ramenant avec un gain de 24 places l'Aube dans le première partie du classement hexagonal
- La Marne : le Far West champenois
La Marne est le plus mauvais département régional en termes de sécurité. Et de loin ! Classé 82ème sur 96, il concède 15 places derrière son plus mauvais cousins grand-estiens et un taux de délinquance par habitant 20% supérieur. L'écart se fait dans la catégorie vols et plus particulièrement sur les vols de véhicules ou accessoires. Avec plus de 10 cas pour mille habitants et en augmentation de près de 30, ce résultat est catastrophique. Le score des vols sur personnes, n'est guère plus à l'avantage de la Marne. La violence est aussi une caractéristique marnaise. Avec un score à peine sous les 10 cas pour mille habitants, le département se distingue négativement par son nombre élevé d'actes de violences intra et extrafamiliales. Cette violence sous-jacente se ressent aussi sur le taux élevé de dégradations volontaires, la Marne intégrant le clan du TOP 10 des mauvais élèves malgré une baisse de 10%. L'augmentation d'un quart des infractions liées au trafic de stupéfiants, n'injecte pas un élan d'optimisme quant au futur. Espérons nous tromper !
- La Haute Marne : des résultats trompeurs
Les résultats 2025 sécurité pourrait donner un élan d'optimisme sur le département. Avec une hausse limitée du nombre de cas, moins de 2% et un gain de 13 places, le département semble épargné par la crise sécuritaire. Mais c'est en trompe l’œil. Comme ses cousins champenois, la Haute Marne enregistre des résultats catastrophiques dans la catégorie violences. 84ème sur 96 sur cet item, elle est au delà de la 80ème place dans les trois sous catégories : violences sexuelles, intrafamiliales et extrafamiliales. Les résultats enregistrés sur le trafic de stupéfiants font craindre le pire : 62ème au niveau national et une augmentation de 22% du nombre de cas sur la dernière année. La pieuvre a posé ses tentacules meurtrières et il sera difficile de la déloger. La Haute Marne ne doit son salut qu'à la forte baisse d'environ 20% des vols et des dégradations volontaires, et surtout qu'à sa faible exposition aux escroqueries au moyen de paiement se positionnant 6ème dans le classement national.
- La Meurthe et Moselle : un département lorrain qui porte sa croix
Les résultats de la Meurthe et Moselle sont au niveau global les mêmes qu'il y a dix ans. Classé 62ème, elle cède une place malgré une augmentation des infractions de 11%, inférieure à la moyenne nationale. Ce qui caractérise le département est la faible croissance des vols alors que la tendance générale est la diminution. Les meurthe mosellans ont subi plus de cambriolages et de vols de véhicules qu'il y a dix ans, respectivement +20% et +7%. L'autre fait marquant est le taux élevé de violences extrafamiliales (généralement appelées violences urbaines). Leurs nombres croissent de 30% en dix ans, plaçant le département à une médiocre 83ème place nationale. Comme partout ailleurs, les violences sexuelles et les violences extrafamiliales doublent situant la Meurthe et Moselle en milieu de peloton. L'espoir réside dans la baisse des faits liés aux stupéfiants. Le recul est même impressionnant, -18%, permettant un bond de 50 places au classement hexagonal. La même tendance se répète pour les escroqueries au moyen de paiement, remontant à la 30ème place (-46) malgré une augmentation de plus de 50%
- La Meuse : un avenir sombre
Même si les résultats meusiens globaux ne sont pas catastrophiques, les tendances sont toutes dans le rouge prédisant un avenir compliqué pour le département. Le nombre de méfaits a globalement cru de près d'un quart, soit deux fois plus que dans le reste du territoire, impliquant une perte de 17 places. La Meuse se retrouve dans le ventre mou du classement. Là encore, la violence devient problématique. Les cas d'actes violents ont doublé en dix ans. Contrairement aux autres départements régionaux, le département est fortement affecté par les violences sexuelles qui font plus que tripler depuis 2016. Le département est dans le TOP 10 des cancres de cette catégorie. Par ailleurs, les violences urbaines se dégradent de plus de 40%. Et ces résultats risquent encore de se dégrader, le trafic de drogue se développant de manière exponentielle. Il atteint un niveau de 6 cas pour mille habitants, niveau record pour un département rural. Point positif, le faible taux d'escroqueries et fraudes comme dans toute la région, malgré une dérive de plus de 100%;
- La Moselle : le rayon de soleil lorrain
La Moselle enregistre la meilleure progression grand estienne au classement nationale (-13 places), empochant en même temps la première marche du podium régional, même si le nombre de cas progresse de 10%. Dans le premier tiers du classement pour les faits de violence, le département s'offre même le luxe d'être dans le TOP 3 dans la catégorie des violences sexuelles. Autre point fort, le faible taux d'escroquerie au moyen de paiement. L'explosion du nombre de cas, +100% en dix ans, n'empêche pas le département de rester dans le TOP 5 national. Enfin, autre bonne nouvelle, la pieuvre du narco trafic ne progresse pratiquement pas depuis 2016 et le niveau départemental reste très encourageant.
- Le Bas Rhin : le "vol" des cigognes
La prestation du département alsacien se dégrade sur les dix dernières années. Les faits de délinquance sont en forte augmentation, près de 40%, soit 3 fois la moyenne nationale se traduisant par une perte de 28 places au classement métropolitain. A regarder de plus près, le Bas Rhin est surtout pénalisé par les vols. Toutes les sous catégories se dégradent, cambriolages, vols de véhicule et vols sur la personne. Les vols sur la personne atteignent même un niveau exceptionnel, dépassant 10 cas pour mille habitants. A noter que les trois quarts de ces méfaits se déroulent à Strasbourg, ville passagère et touristique favorisant ce type d'effractions. Les cigognes n'amènent pas que des bébés, elles détroussent aussi les touristes. Bien sûr les violences augmentent de plus de 80%, mais la situation départementale est beaucoup plus favorable que pour ses cousins régionaux. Il en est de même pour les escroqueries aux moyens de paiement qui doublent en dix ans. Le point positif du Bas Rhin est son taux d'usage et de trafic de stupéfiants. A moins de 2,5 cas pour mille, le niveau n'évolue pas depuis 2016, permettant au département d'intégrer le TOP 10 national dans cette catégorie
- Le Haut Rhin : une dégradation lente et continue
Les infractions augmentent régulièrement entre 2 et 3% par an depuis 2016, à l'exception de 2020 et de ses deux confinements. En 2025, la somme de ces détériorations amène à un nombre de cas qui croît d'un quart en 10 ans, faisant reculer le département de 12 places dans le classement général. Le niveau reste tout de même acceptable en se maintenant sous les 40 cas pour mille habitants. Le déclassement est quasi général dans toutes les catégories et à peu près égal à une perte de 10 à 15 places. C'est le cas pour les vols dont leur nombre stagnent sur la dernière décennie. Les violences ne sont pas en reste doublant en dix ans, principalement à cause de l'explosion des violences sexuelles (+200%) et des violences intrafamiliales (+174%). Le Haut Rhin rentre dans la zone critique, se classant 73ème sur 96. Comme un malheur n'arrive jamais seul, cette dégradation s'accompagne d'une poussée du narco trafic dont les actes progressent de près de 50%. La situation n'est pas encore catastrophique compte tenu du taux de cette catégorie. Mais attention, une fois ce fléau entré dans la demeure, il ravage tout sur son passage. Le point positif du département, un classique régional, le maintien dans le TOP 10 dans l'item fraudes et escroqueries aux moyens bancaires malgré une hausse de 100%.
- Les Vosges : la ligne bleue s'embrume
L'image d'Epinal du département vosgien représente le calme autour des lacs encaissés dans les vallées entre deux "ballons". Les Vosges restent encore un endroit tranquille malgré une dégradation certaine. La hausse du nombre de méfaits de plus de 16% fait perdre au département la première place régionale. Certes les vols régressent de près de 20%, mais au diapason avec ses voisins le taux de violence ne cesse de croître. Il double depuis 2016 à cause du triplement des violences sexuelles et intrafamiliales et une détérioration d'un tiers pour les violences extrafamiliales. La faible hausse du trafic de stupéfiant (+10% tout de même) laisse présager que la situation ne s'envenime pas trop rapidement. D'autant plus que les dégradations volontaires sont en chute de 20%. Là encore, le virus des fraudes aux moyens de paiement est beaucoup plus faible que dans le reste de l'hexagone malgré un doublement du nombre d'escroqueries. Les Vosges gardent leur dixième place.
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Pour les plus courageux, l'analyse chiffrée détaillée !
1°) Les résultats globaux.
L'insécurité en nombre de cas se dégrade plus que la moyenne nationale depuis 10 ans dans le grand Est. Au classement la région perd 3 places pour se placer 7ème sur 13. A y regarder de plus près, la situation est restée stable jusqu'au COVID, puis s'est dégradée régulièrement après les confinements
Les résultats régionaux étant pondérés par la population de chaque département, le Bas Rhin est responsable d'un tiers de la dégradation, puis viennent respectivement Le Haut Rhin pour un sixième, la Marne pour 15%, la Moselle et la Meurthe et Moselle pour 10%. Les évolutions des autres départements influent peu sur la moyenne régionale.
Les départements alsaciens tirent la non performance en enregistrant les plus fortes dégradations et en particulier le Bas Rhin avec +37% de délits. Les détériorations des Ardennes, de la Marne et de la Meuse sont au niveau de la moyenne régionale, soit 50% plus élevées que celle de la France Métropolitaine. A noter la stabilité du nombre d'infractions en Haute Marne
Au niveau résultat, trois groupes se distinguent :
- Les départements tranquilles à moins de 40 cas pour mille habitants. La Moselle obtient le meilleur score, suivi de près par les Vosges, la Haute Marne et le Haut Rhin. A noter que seules la Moselle et la Haute Marne améliore leur place dans le classement national.
- Les départements moyens entre 40 et 45 cas pour mille avec dans l'ordre la Meuse, le Bas Rhin qui subit la plus grosse perte au classement (28 places), les Ardennes, la Meurthe et Moselle et l'Aube
- Les ou plutôt le département dangereux dépassant les 50 cas pour mille, se classant 82ème sur 96 à l'échelon national : la Marne
La physionomie des actes de délinquance a évolué en 10 ans.
Comme pour la plupart des régions, le poids des violences et des escroqueries aux moyens de paiement augmente considérablement, alors que celui des dégradations volontaires décroît sensiblement. Par contre, la baisse de la part pour usage de trafic de stupéfiants est une particularité régionale. La faible décroissance de la proportion de vols est aussi spécifique.
Tableau de synthèse régional :
2°) Les vols
Seuls deux régions voient le nombre de vols augmenter sur la dernière décennie : Auvergne Rhône Alpes et le Grand Est. C'est une contreperformance notable ! Malgré cela, la région reste au niveau de la moyenne nationale avec un résultat de 15 cas pour mille habitants
La détérioration est consécutive à la forte dégradation de la performance du Bas Rhin dont le nombre de cas augmente de plus d'un tiers, et dans une moindre mesure par la croissance des vols dans la Marne. Les progressions de près de 20% de l'Aube, de la Haute Marne et des Vosges ne compensent que partiellement ces mauvais résultats.
Le panorama des résultats est assez contrasté en fonction des départements. Trois d'entre eux enregistrent des scores inférieurs à 12 cas pour mille, leur permettant de se situer dans le premier tiers du classement. Le podium se compose dans l'ordre des Vosges, de la Meuse et de la Haute Marne. A l'inverse, le Bas Rhin dépasse les 17 cas pour mille, perdant 42 places au classement. Mais surtout la Marne qui franchit le seuil des 20 cas pour mille flirtant avec le TOP 10 des départements les plus à risque
Quand on regarde dans le détail, on remarque que :
- les cambriolages représentent 3 cas pour mille par habitants et particularité régionale le nombre de d'infractions reste stable. Quatre départements se dégradent : les Ardennes de plus de 30%, le Bas Rhin et la Meurthe et Moselle d'environ 20% et le Bas Rhin de 10% (ce dernier restant tout de même le moins concerné par ces méfaits). Les fortes progressions de plus de 20% de la Haute Marne et des Vosges n'arrivent pas à compenser ces dérives. En terme de résultats, l'Aube est particulièrement vulnérable flirtant avec les 4 cas pour mille.
- les vols de véhicules ou d'accessoires sont au nombre de 5 cas pour mille et croissent de 7%. Là encore, la contre performance du Bas Rhin est remarquable avec une augmentation du nombre de cas de 50%. La Marne quant à elle voit ses résultats se détériorer d'un quart. Son niveau est exceptionnellement haut, dépassant les dix cas pour mille. A l'autre bout de l'échiquier l'Aube, la Haute Marne et les Vosges enregistrent des gains aux alentours de 20%. Les Vosges remportant la palme dans cette catégorie
- les vols sur personne sont quant à eux à 7 cas pour mille. Leur nombre n'évolue pas depuis 10 ans. La dégradation de 30% du score du Bas Rhin compense les améliorations de tous les autres départements, ce dernier gravissant la barre symbolique de 10 cas pour mille habitants. A l'opposé la Meuse et la Haute Marne, moins urbaines et moins touristiques, sont aux alentours de 4 cas pour mille progressant d'environ 20%.
Tableau de synthèse régional pour les vols.
3°) Les violences
Les actes de violence ont presque doublé en une décennie. L'augmentation est au niveau de la moyenne nationale. Malgré, un gain d'une place (9ème sur 13 dans cette catégorie), le Grand Est peut être considéré comme une région violente. En titillant les 9 cas pour mille habitants, il se retrouve à un niveau équivalent à la Normandie, l'Ile de France et PACA.
La croissance du nombre d'actes de violence est générale allant de +70% à 100% en fonction des départements.
Par contre, le niveau est assez hétérogène, même s'il dépasse les 9 cas pour mille habitants partout hormis en Moselle, dans le Bas Rhin et dans les Vosges. Quatre départements, tous situés en Champagne Ardennes, sont particulièrement exposés frôlant ou dépassant le seuil critique de 10 cas pour mille et sont classés après la 84ème place sur 96 à l'échelle nationale :
- L'Aube est particulièrement sensible à ce fléau. Positionné à la 91ème place, reculant de 5 cases, le département est particulièrement affecté par des actes de violence hors cadre familial. Le nombre d'actes est en augmentation de 40% situant l'Aube à la 91ème place de cette catégorie. L'autre caractéristique auboise est le niveau très élevé de la violence intrafamiliale où la encore le département se positionne dans le TOP 10 des plus mauvais.
- Les Ardennes ont un niveau équivalent à plus de 10 cas pour mille habitants. 90ème sur 96, elles cèdent 16 places au classement. Elles sont aussi affectées par les violences dans le cadre familiales et les violences dans les lieux publics. Là encore, le département est dans le TOP 10 des plus mauvais sur ces deux items.
- La Marne peut être considérée comme violente. Comme ses deux voisins, le taux de violences hors du cadre familial est très supérieur à la moyenne nationale.
- La Haute Marne, avec un score similaire à sa cousine rémoise, n'est pas en reste. Les violences intrafamiliales, plus nombreuses que les autres, coûtent au département chalonnais. Par ailleurs, les violences sexuelles sont plus nombreuses ici en cas pour mille habitants que dans les trois précédents.
La Moselle et le Bas Rhin semblent être les havres de paix régionaux. Comptant moins de 8 cas pour mille habitants, ils se situant aux alentours de la 30ème place nationale, grainant une vingtaine de places même si l'augmentation des cas est équivalente à celle de la France.
Une analyse plus approfondie nous apprend que :
- 20% des agressions sont des violences sexuelles. Ce pourcentage est inférieur à la moyenne nationale. Leur explosion +150% s'explique en grande partie par la médiatisation des actes qui a entraîné une ouverture de la parole des femmes. La Meuse est particulièrement concernée se situant dans le TOP 10 des plus mauvais avec plus d'un triplement du nombre de cas. A l'opposé, la Moselle monte sur la 3ème marche du podium, même si les plaintes ont doublé en 10 ans.
- 43% sont des violences intrafamiliales. Ces violences caractérisent la Champagne Ardennes qui truste les quatre dernières places du classement régional et inscrit deux département dans le TOP 10 des plus mauvais à l'échelon national : l'Aube et les Ardennes. Le reste se trouve au niveau de la moyenne nationale. Le nombre de cas a été multiplié par 2,5 en dix ans, l'évolution étant similaire quelque soit le lieu. La médiatisation des féminicides a surement influencé les femmes à porter plainte, mais cela n'explique pas tout.
- 37% sont des violences urbaines en hausse de 32%. Ces augmentations sont généralisées à toute la région. Là encore, la Champagne Ardennes se fait remarquer, prenant les trois dernières places régionales et ayant deux représentants dans le TOP 10 des plus mauvais : l'Aube et les Ardennes. Deux départements lorrains ont des résultats équivalents, c'est à dire médiocre : la Meurthe et Moselle et la Meuse. Les autres circonscriptions régionales se trouvant dans la moyenne hexagonale.
Tableau de synthèse régional pour les violences.
4°) Les dégradations et détériorations volontaires
Le nombre de dégradations et détériorations volontaires a diminué de 11% en une décennie, légèrement moins que la moyenne générale.
A l'exception des Vosges dont le nombre de cas stagne, tous les départements s'améliorent. En particulier, l'Aube qui réduit d'un quarts la proportion de méfaits
La région reste à 7ème place du classement, se situant dans le ventre mou à 7,6 cas pour mille habitants. La majorité des départements sont à ce niveau régional entre 7 et 8. Les mauvais élèves étant les Ardennes et la Marne avec plus de 9 cas pour mille. Ce dernier département se situe dans le TOP 10 des plus mauvais au niveau national. Le Bas Rhin, est plus calme avec moins un score de 6,7 et une 30ème place nationale.
Tableau de synthèse régional des dégradations et détériorations volontaires
5°) Les fraudes et escroqueries
Malgré un doublement du nombre d'escroqueries et fraudes au moyen de paiement, la région Hauts de France est peu sensible à ce fléau se plaçant deuxième au niveau national. Cette performance est régionale 4 départements se classant dans le TOP 10 : la Moselle, la Haute Marne, le Haut Rhin et les Vosges.
La prolifération d'Internet et des smartphones dans l'Hexagone facilite ces délits. Les pertes de liens sociaux lors de la période COVID et les années suivantes ont facilité les arnaques. La population vieillissante et moins aguerrie aux nouvelles technologies est moins enclin à faire attention aux risques informatiques et peut se faire duper plus facilement : donner un code de carte bleue, ouvrir des publicités infectées par des virus.. D'autant plus que les fraudeurs sont de plus en plus compétents. Distinguer des phishings des mails officiels devient une expertise ; l'IA facilitant la supercherie.
Tableau de synthèse régional des fraudes et escroqueries
6°) Le trafic et la consommation de stupéfiants
La progression des tentacules de la pieuvre stupéfiants est contenue dans la région Grand Est. Seulement 12% de hausse en 10 ans et l'ensemble sur la dernière année. En espérant que ce ne soit pas le début de l'expansion exponentielle. Le niveau 2016 étant relativement élevé par rapport à des régions beaucoup plus rurales, le Grand Est se situe 6ème sur 13, glanant 3 places.
Paradoxalement, l'hydre progresse peu dans les zones plus urbanisées, la dégradation se concentrant principalement sur l'Aube, la Meuse et le Haut Rhin. A noter, la forte réduction du nombre de cas en Meurthe et Moselle, prés de 20%. Le niveau n'a pas augmenté depuis la chute consécutives aux deux confinements liés au COVID.
Côté résultats, il est étonnant de voir apparaître la Meuse comme plus mauvais élève régional à près de 6 cas pour mille. De même, les niveaux constatés dans les Vosges et la Haute Marne surprennent de prime abord. La situation est inverse à celle constatée dans le pays. Les départements ruraux sont plus exposés à l'hydre drogue. A l'inverse, les départements les plus peuplés obtiennent des résultats plus qu'honorables. Le Bas Rhin à 2,5 cas pour mille habitants se classe 9ème en France métropolitaine. La Moselle quant à elle enregistre une progression de 31 places. La palme revient à la Meurthe et Moselle qui améliore son classement de 51 crans.
Tableau de synthèse régional trafic et consommation de stupéfiants
6°) Les homicides
Il est toujours difficile de donner des tendances sur les homicides et les tentatives compte tenu du faible nombre de cas. On atteint souvent les limites des statistiques et les écarts ne sont pas représentatifs. Par exemple, avec moins de 20 cas annuels comme dans les Ardennes, la Meuse et la Haute Marne, une évolution de 20% ne veut rien dire.
Pour autant, la courbe de progression semble montrer une forte dégradation, le nombre de cas passant à 370 vs 222 en 2016.
Tableau de synthèse régional homicides et tentatives
Références :
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