Qui sont nos députés ?
Les derniers chamboulements politiques, gouvernement démissionnaire, demande de dissolution voire de démission du Président de la République m'ont fait m'interroger sur nos représentants à l'assemblée nationale. Qui sont-ils ? Quels sont leurs profils scolaires et professionnels ? Ont-ils l'expérience et les capacités nécessaires pour analyser la situation de notre pays et prendre les mesures adéquates pour relever les défis que devra affronter notre pays ? Cette étude, basée sur une analyse statistique tente de répondre à toutes ces interrogations et de donner les clés à prendre en compte avant de retourner aux urnes.
Nos représentants par groupe politique : un mode de scrutin qui a clairement avantagé la majorité présidentielle au détriment de la droite.
Le nombre et la couleur politique des députés varient sans cesse : annulation de scrutin, nomination au ministère, changement d'étiquette... Pour l'étude, la liste des députés est celle issue du site officielle de l'Assemblée Nationale à la date du 25 mai 2025. C'est pour cette raison qu'il n'y a que 576 députés et non pas 577.
Le scrutin majoritaire à deux tours favorisent généralement le parti ayant le plus d'électeurs. Pour la première fois, ce n'est pas le cas. En effet, si le nombre de députés par groupe parlementaire était proportionnel aux intentions de vote du premier tour, notre représentation nationale aurait été totalement différente. La droite en général a été désavantagée alors qu'elle a obtenu le plus de voix. Le total des intentions de vote à droite au premier tour était de 44,5% (34,5% pour le RN/UDR/Reconquête et 10% pour LR). Seuls 25% des députés sont RN/UDR et 9% LR.
A contrario, la majorité présidentielle obtient 28% des élus pour 22% des voix et le NFP 34% des sièges pour 31,5% des suffrages. Le "front républicain" a permis à la troisième puissance politique d'être surreprésentée. Il s'est produit exactement l'effet inverse que celui recherché par le scrutin à deux tours. Il a été mis en place pour permettre au parti le plus populaire d'obtenir une majorité absolue et donc de pouvoir gouverner. Là, les manoeuvres habiles du clan présidentiel ont permis à ses formations politiques de rester plus ou moins aux commandes! La tripartition de notre hémicycle rend le pays ingouvernable. Un retour en arrière vers la 4ème République.
Age moyen des députés : 51 ans. La moitié ont entre 50 et 65 ans.
La pyramide des âges est rassurante. La moitié de nos représentants ont l'âge de la population active expérimentée (c'est à dire entre 50 et 65 ans). On pourrait en conclure qu'ils sont encore au contact des réalités avec une expérience leur permettant d'analyser les situations plus profondément. Par ailleurs, les jeunes (moins de 35 ans) et les aînés (plus de 65 ans) sont représentés à niveau égal, soit 10% des élus ce qui théoriquement devrait permettre d'avoir le point de vue des jeunes embauchés et des retraités.
Mais la réalité est un peu plus complexe.
La proportion de jeunes est plus élevée, voire sur-représentée dans les partis extrémistes. 21% ont moins de 35 ans chez LFI et 18% au Rassemblement National. Le niveau n'est que de 9% pour Ensemble, 4% pour LR et le PS. Cela s'explique par l'histoire. LFI et le RN ont très peu d'élus locaux. Ils n'ont donc pas un vivier de candidats potentiels expérimentés. Par ailleurs, les idées portées par ces deux partis sont clivantes et radicales. Idées qui sont surtout soutenues par une jeunesse fougueuse qui prône des thèses en rupture avec la société actuelle. Le recul et la sagesse n'apparaissent généralement qu'avec l'expérience.
C'est aussi le cas pour les moins de 50 ans. 65% des députés LFI et 48% pour le RN. Ensemble, parti constitué en 2017 reste encore plus jeune que les partis traditionnels (44% de moins de 50 ans contre 35% pour LR et 29% pour le PS)
Par contre, seul LFI n'a pas d'anciens dans ses effectifs. 1% alors qu'Ensemble, LR et le RN en ont environ 10% et le PS 16%.
Les représentants ressemblent significativement à leurs électeurs :
- moins de 50 ans pour LFI avec une forte proportion de moins de 35 ans
- un électorat uniformément réparti pour le RN avec néanmoins moins d'ainés assimilant encore ce parti à ceux des dictatures nationalistes
- un électorat d'actifs pour Ensemble et une partie des retraités les plus aisés
- un électorat de plus de 50 ans pour le PS et le LR. Un reste du bipartisme gauche/droite et une certaine crainte des idées radicales de la jeunesse actuelle.
Diversité à l'assemblée : les législateurs ne respectent pas la loi
Les entreprises ont l'épée de Damoclès de la diversité qui plane sur leurs têtes. En 2030, si elles ne respectent pas scrupuleusement ce critère, elles risquent de payer des amendes conséquentes pouvant atteindre 1% du chiffre d'affaire. Parallèlement, la représentation nationale qui a voté sa loi ne la respecte pas. Seuls 37% de nos élus sont des femmes. Pire, aucun parti ne respecte la parité.
Les plus décevants sont les partis progressistes qui claironnent à tout va dans les médias que les droits des femmes sont bafoués et qui veulent détruire la "mascunalité". Seuls 78 sur 194 de leurs députés sont des femmes . Il serait de bon ton que les politiques montrent l'exemple et appliquent les thèses qu'elles développent. Le rapport entre les français et ses représentants n'en serait que renforcé.
La droite n'est pas exemplaire non plus, à peine 1 député sur 3 est une femme.
Les métiers de nos députés : les fonctionnaires surreprésentés.
Le résultat de cette analyse provient d'un travail approfondi et non pas uniquement sur les métiers documentés par les députés sur le site de l'Assemblée Nationale : la lecture des CV de nos élus montrant des écarts significatifs avec leurs fiches.
Les faits marquants sont :
1) Une faible représentation des inactifs (retraités, sans activité et étudiants). Mais est-ce réellement un problème pour la démocratie ? Déjà, comme dirait Nicolas, ils sont débiteurs vis à vis de l'état (certes les retraités ont cotisé mais la majorité aura un solde négatif entre les cotisations versées et les pensions perçues. Voir : https ://elucubrations-citoyen-lambda.blogspot.com/2025/01/regimes-de-retraites-pour-etre.html. L'évolution de leurs revenus dépendant de la construction budgétaire, ils seraient juge et partie alors que notre système social est protecteur pour nos étudiants (les études sont gratuites alors qu'une année de Fac coûte 15.000€ aux contribuables), nos sans-emplois et nos retraités. Le seul point négatif de ce manque de représentation est la non prise en compte de l'expérience de nos anciens. Ils permettraient d'éviter, ou au moins de limiter, certaines écueils actuels en rappelant les conséquences de certaines décisions.
2) Une surreprésentation des indépendants (chef d'entreprise, profession libérale, artisan/commerçant). 26% des élus alors qu'ils représentent 12% des actifs. Là aussi, est-ce réellement un problème pour la démocratie ? Je ne pense pas. Ce sont eux qui font vivre le pays. Ils prennent des risques en créant leurs entreprises et en se mettant à leur compte. Ils sont sûrement plus aisés que la majorité des français, mais ils le méritent. Par ailleurs, ce sont les meilleurs témoins des dysfonctionnements de notre système économique. Ils les subissent au quotidien et connaissent les avantages et les désagréments de notre administration. Ils sont donc les plus aptes à optimiser l'organisation de l'Etat.
Un bémol dans cette représentation est le nombre d'avocats. Leur proportion à l'Assemblée est 25 fois supérieure à la leur dans la vie française. Certes, ils sont au coeur du système judiciaire et maîtrisent parfaitement les rouages législatifs. Mais les réponses qu'ils peuvent apporter pourraient en modifiant les lois mais surtout en en créant de nouvelles alourdir notre pays. La judiciarisation de notre société n'est, à mon avis, pas un atout mais plutôt un fléau. L'arsenal législatif est nécessaire pour faire fonctionner une nation. Par contre, trop de contraintes légales peuvent ralentir, voire bloquer les initiatives. Dans le quotidien, nous avons tous des exemples de lois qui ont été votées pour punir des abus mais qui finalement ont surtout été liberticides pour les honnêtes gens et ont entraîné un désaveu de la classe politique jugée trop éloignée des réalités de la société. C'est aussi le cas pour nos entreprises qui sont pénalisées par rapport aux concurrents étrangers par un nombre florissant de règles et donc de lourdeurs administratives. La simplicité commence par un nettoyage de notre arsenal juridique. Les avocats, habitués à résoudre les problèmes par des lois, ne sont ils pas naturellement réfractaire à cette idée ?
3) Une surreprésentation des fonctionnaires (34% des élus pour 19% des actifs). Ils ont un tiers des sièges. Certaines missions, telles que le régalien dépendent uniquement de leur savoir mais leur état d'esprit n'est généralement pas en adéquation avec une économie dynamique. Les restrictions budgétaires ne sont pas aussi contraignantes dans le public que dans le privé. Le déficit est devenu légion dans nos administrations, plus de cinquante ans. Le mode de pensée n'est donc pas celui de dirigeants d'entreprise, d'indépendants, ni même de cadres supérieurs dans le secteur privé. La diminution des dépenses n'est pas un réflexe fonctionnaire. Les budgets sont alloués annuellement et aucune restriction n'est mise en place de manière intermédiaire. Nous avons tous les anecdotes de secteur dépensant stupidement les deniers publics pour augmenter leurs frais de fonctionnement et ainsi obtenir un budget équivalent l'année suivante. Le plus important est la gestion des recettes : impôts ou autres. Jamais, vous n'entendrez un fonctionnaire demander une réduction de budget. Ils sont toujours en manque de moyen, manque d'effectifs... Personne n'analyse profondément la situation et ne recherche réellement les causes racines des dysfonctionnements. Où sont les gaspillages ? Quelle est la valeur ajoutée de mon opération ? Quelle est l'opinion de mes clients ? Quelle est ma chaîne de valeur ? Comment puis je augmenter mes recettes et baisser mes charges ? Ce sont les questions que dirigeants, indépendants et cadres du privé se posent quotidiennement pour assurer la survie de leur entreprise. Ils sont capables d'ajuster leurs actions immédiatement pour éviter toute banqueroute. Sans cette réactivité, ils perdent leur salaire.. Le fonctionnariat en est bien incapable à ce jour. Et encore, s'il voulait réduire les coûts, le pourrait il ? La fonction publique est gangrénée par un syndicalisme suicidaire, individualiste qui n'a de cesse de profiter de ses avantages (souvent appelés à tort acquis sociaux) au détriment de la majorité des français.
Le taux de fonctionnaire vient peut être aussi du moindre temps de travail des fonctionnaires par rapport à leurs homologues du privé (selon l'INSEE un cadre dans le public travaille en moyenne 38h pour 44h pour un cadre dans le privé).Je voudrais faire un focus sur les députés issus de l'Education Nationale, un tiers du contingent des députés fonctionnaires, soit 11% des députés. Là, le temps de travail est un atout pour leur forte contribution à notre vie politique. Certes, ils ne sont pas rémunérés pendant les vacances, mais ils en ont quand même 14 semaines par an. Ca permet d'avoir des occupations annexes et la politique en est une.
4) 144 députés sont des politiciens soit 1/4. Parmi eux se trouvent évidemment les 30 attachés ou collaborateurs parlementaires et les deux anciens ministres. Il faut leur ajouter 112 autres qui exercent des mandats de conseillers régionaux, conseillers généraux ou députés depuis plus de 15 ans. Un exemple flagrant : Dominique Voynet. Sur sa fiche parlementaire, il est indiqué qu'elle est médecin. Je pense qu'elle n'ausculte plus depuis plusieurs décennies et que son véritable métier est d'être une politicienne. Les français se plaignent que leurs représentants sont déconnectés des réalités. Avoir un quart de nos députés qui n'ont plus aucun contact avec les réalités de la vie professionnelle depuis plus de quinze leur donne raison. C'est d'autant plus vrai que la loi du non-cumul des mandats votée en 2014 interdit aux députés d'être maire. Ils n'ont plus aucun contact avec la réalité, le monde qui les entoure. Voter pour eux dans les conditions actuelles, c'est signer un chèque en blanc à des personnes qui ne vivent plus dans le même monde que les citoyens. Ne l'oubliez pas la prochaine que vous aurez un choix à faire dans l'isoloir
5) Le monde de l'entreprise est sous représenté (23% des élus viennent des entreprises privées alors qu'ils représentent 33% des français de plus de 18 ans et 61% de la population active). Se lancer en politique est assez délicat lorsqu'on est salarié du privé. Etre élu député oblige à démissionner ou au mieux se mettre en disponibilité. Le mandat ne durant que 5 ans, la prise de risque est considérable. Retrouver un emploi ou même reprendre sa carrière après 5 ans d'absence sont des faits qui peuvent en décourager plus d'un. Le second obstacle est la rémunération des députés. Le salaire et les avantages des députés ne permettent pas d'attirer des cadres dirigeants des entreprises internationales. Seuls deux députés ont eu des postes de ce niveau de responsabilité (et encore un d'eux est un ancien ministre, comptabilisé dans la catégorie des politiciens) ! Contrairement à l'idée populaire que les élus à l'Assemblée Nationale sont des nantis et sont trop payés, le salaire des députés n'est pas à la hauteur compte tenu de leurs responsabilités. Le dicton populaire dit "qu'on attire pas des mouches avec du vinaigre". Si on veut que des personnalités ayant de l'expérience de top manager dans une entreprise française internationale, il faut casser sa tirelire et admettre qu'ils soient rémunérés à leur juste valeur. Cela ne choque personne qu'un club de football paye des joueurs en millions d'euros pour gagner des titres. Pour sortir la France de l'ornière, il est nécessaire d'avoir des personnes maîtrisant l'économie, la gestion d'entreprise, les négociations, la géo-politique et l'ayant déjà fait auparavant avec succès. C'est un investissement indispensable à faire pour augmenter le niveau de la représentation nationale pour résoudre les difficultés qui se dressent devant nous (la réduction de la dette, la survie de notre système social avec la baisse de la natalité, les dégâts causés par le déréglement climatique, reconstruire une armée, rivaliser avec nos compétiteurs et en premier lieu la Chine...). Le travail de ces top-manager est d'anticiper non pas de subir comme le font nos politiques actuellement. Mais peut-être n'ont ils pas le niveau requis ? Ce sujet sera abordé dans le prochain chapitre où les études de nos élus vous seront dévoilés.
6) La particularité des agriculteurs : chacun le sien. Un représentant du monde rural est un incontournable. Chaque groupe a le sien (hormis le PC, Horizon et UDR). Il faut avoir son paysan pour pouvoir dire qu'on est proche de ceux qui nous nourrissent. C'est de la démagogie à l'état pur. A gauche pour dire qu'agriculture et environnement sont compatibles. A droite, pour rappeler la tradition et le terroir. Cela permet à chaque parti de donner une image proche des français des zones rurales. Il n'empêche qu'aucun ne remet en cause les lois européennes qui mettent à mal notre secteur primaire. L'hypocrisie politique n'a aucune limite !
L'analyse de l'expérience professionnelle de nos représentants par parti démontre le lien entre l'idéologie et la caste de chacun. C'en est même caricatural !
A gauche, le fonctionnariat est de rigueur : 100 députés sur les 194 sont des fonctionnaires. On pourrait y rajouter les 2 retraités du service public, le ministre et les 9 travaillant dans des associations qui ne vivent que par les subventions publiques donc nos impôts. Cette représentation est en parfaite adéquation avec leurs revendications. L'état doit subvenir aux besoins de tous. L'idée peut être attrayante si nous n'étions pas dans une situation financière si catastrophique. Les députés soit disant progressistes ne raisonnent qu'en dépenses. Ils n'ont aucune notion de l'équilibre des comptes, des besoins de trésorerie, des bénéfices à faire pour réaliser des investissements. Pour eux l'argent tombe du ciel. Et pour en avoir plus, il suffit d'ouvrir le robinet des impôts. Par ce raisonnement simpliste, ils n'anticipent pas que l'augmentation des charges est une pénalisation pour l'économie. Taxer les patrimoines industriels revient à vendre nos fleurons. La taxe Zuckmann obligerait Bernard Arnault à vendre 3 milliards d'euros d'actions LVMH pour s'acquitter de ses impôts, c'est à dire 1% de l'entreprise. Ne vous trompez pas les acquéreurs seront étrangers ! Le pire serait la vente de nos licornes encore en développement. Par ailleurs, plus les gens payent d'impôts, plus ils ont tendance à épargner, ralentissant de fait l'économie. Donc, les investissements, l'emploi, la hausse des salaires et le niveau de vie. En suivant leur raisonnement, il faudrait encore plus d'aides et donc plus d'impôts. C'est le cercle vicieux, le trou sans fond, la faillite à terme.
Les élus NFP sont loin des préoccupations des entrepreneurs. Seuls 18 élus sont des indépendants. Et encore, 5 d'entre eux sont des politiciens qui n'exercent plus depuis plus de 15 ans (Mesdames Chikirou et Voynet par exemple). Mais c'est logique, la création de valeur n'entre pas dans leur logigramme de pensée. Leurs représentants ne peuvent donc pas être issus de ce milieu professionnel qu'ils malmènent et ils le malmènent car ils ne le comprennent pas puisqu'ils n'ont pas de représentants. Quid de la poule et de l'oeuf ?
28% des députés de gauche sont des professionnels de la politique. En particulier au PS et à EELV où on dépasse les 30%. Ce taux élevé peut expliquer la déconnexion de certains vis à vis de la réalité. Aux dernières présidentielles, ces deux entités représentaient moins de 2% des électeurs. Mais, dans leur microcosme doré du palais bourbon ou du conseil départemental/régional, ils oublient les préoccupations du monde extérieur. C'est dommage, l'écologie et la politique sociale méritent mieux !
Enfin, on ne le voit pas dans les chiffres mais nombre de députés ont commencé la politique dès leurs études en ayant des rôles importants dans les syndicats étudiants (souvent au détriment de leurs études, mais nous le verrons plus tard). Ensuite, ces jeunes revendicateurs rejoignent immédiatement la vie politique ou travaillent dans le public en assumant des mandats syndicaux. En fin de compte, ils n'auront jamais assumé de responsabilités. Et c'est bien le problème ! Des ignorants définissent les lois qui régissent notre pays !!
Autre souci, aucun député de gauche n'a travaillé dans le régalien : armée, police... Comment peut on avoir une idée des difficultés rencontrées et comment les résoudre ? Mais après, c'est aussi peut être un choix : se mettre du côté des renégats. Il faut choyer son électorat !!
La majorité présidentielle à l'image de son discours : priorité à l'entreprenariat. Ce qui sur le fond est une bonne idée car sans entreprise pas de revenus. Ca paraît simpliste mais certains politiques l'ont oublié.
Avec 64 travailleurs indépendants sur 160 élus, les personnes à leur compte sont majoritaires. Juste devant les fonctionnaires 39 auxquels on peut rajouter 2 ministres et les salariés du privé 35. Les chefs d'entreprise sont les plus représentés (13), puis les avocats (12), les consultants (9), les médecins (6), les pharmaciens et les commerçants (4). Leurs connaissances sur la gestion des entreprises leur permettent de distinguer les atouts du système français mais aussi les écueils de notre système administratif. Ils devraient, en théorie, définir les actions à mettre en place pour améliorer la productivité, la vivacité, la créativité de nos entreprises privées. Ils ont aussi les bons profils pour découdre les méandres législatifs véritable fléau franco-français et comprendre le système de santé. A priori, ils ont toutes les ficelles pour apporter des idées innovantes (c'était la promesse faite aux électeurs en 2017) et surtout des solutions à proposer pour remettre sur pied notre économie en difficulté. Il ne manquait dans cette équipe que des top manager de multinationale. Mais, ils n'ont pas la majorité car l'exécutif n'a pas le cran d'assumer ses réformes (la réforme des retraites est déjà dérogée pour les employés de la SNCF et de la RATP), ni de faire respecter la République dans les cités gangrénés par le trafic de drogue ou lors de manifestations populaires (les Black blocs font la loi). Quel gâchis !
La droite républicaine gangrénée par ses politiciens. 55% de députés dont le métier est la politique. C'est trop ! Le décalage entre ces élus et le peuple devient abyssal. Les Républicains ne se sont jamais remis de l'implosion du parti sous l'impulsion d'Emmanuel Macron en 2017. C'était un coup de maître politiquement. Les jeunes pousses sont allés le rejoindre en espérant récolter les fruits de leur trahison ! Le parti ne s'en relève pas. Il est dans l'incapacité de renouveler ses cadres. Les jeunes élus sont à l'UDR ! Les actions entreprises au gouvernement sont partisanes en espérant récupérer des voix au RN. De l'autre côté de l'échiquier, le PS connaît le même sort. Il ne reste plus que des vieux cadres qui sont dans l'obligation de baiser la main de l'extrême gauche pour survivre. Le renouveau est possible à gauche, nous l'avons constaté aux élections européennes. Reste à la droite dite républicaine de trouver le même élan en se débarrassant de ses éléphants et en trouvant une nouvelle icône. Retailleau peut être..
La Droite (UDR & RN) : la représentation la plus équilibrée sur le papier. Sur 140 députés, les salariés du privé (40), les fonctionnaires (39) et les indépendants (33) sont à peu près iso répartis. C'est assez logique de voir les salariés des entreprises privées au sein de ces mouvements. Leurs programmes traitent les questions des provinciaux : quel est l'avenir de mon pays ? Quel avenir pour mes enfants ? La déconnexion des élites parisiennes avec les périurbains et les ruraux (ça commence dans les banlieues) est de plus en plus criante. Le déclassement du niveau scolaire, de la sécurité des biens et des personnes, de l'économie inquiètent le français moyen, c'est à dire un employé d'une entreprise privée. C'est assez logique qu'on en retrouve à ce niveau parmi les élus d'extrême droite.
Une autre particularité est le faible taux de personnel de l'éducation nationale au sein des fonctionnaires (seulement 5). Par contre, le régalien est beaucoup plus représenté 5 sont dans la Police, deux dans l'armée, 1 travaille aux douanes et un à la justice. C'est cohérent avec leur programme dont la sécurité est une des clés de voûte.
Le nombre d'avocats peut aussi surprendre (13). C'est le plus gros contingent de cette profession avec les forces de la majorité présidentielle. Ca a toujours été le cas. Jean-Marie et Marine Le Pen en sont. De même que Gilbert Collard. Côtoyer la déchéance humaine au quotidien est sans doute une raison de leur engagement politique..
Les diplômes des députés.
Obtenir les diplômes et études de nos représentants n'est pas chose facile. Peu sont ceux qui détaillent leur parcours. Le site de l'Assemblée et Wikipédia ont été les principales sources. Au passage, j'ai pu constater la non neutralité de la pseudo encyclopédie en ligne. Les fiches des députés de gauche sont nettement plus détaillées que celles de droite et souvent à leur avantage.
Les faits à retenir :
1°) 27% des députés ne précisent pas leurs études. Une hypothèse étant que ceux n'ayant pas réalisé des études "prestigieuses" ne les publient pas, cela n'étant pas un argument pour leur carrière. Ensuite, les néo députés qui n'ont pas encore attiré l'attention des médias et des réseaux sociaux n'ont pas encore eu leur CV décortiqué. Après, le diplôme ne fait pas tout (et heureusement) et la pluralité est un atout.
2°) le taux de Bac +5 est plus élevé que la moyenne (34%). Ce chiffre n'est pas étonnant. Pour réussir en politique, il faut être connu et reconnu. Il faut savoir parler, faire des discours, mais aussi manager, négocier avec toutes les classes sociales, prendre des décisions. Il est donc logique que le taux de personnes ayant suivi des formations plus complètes soit plus élevé.
3°) Surreprésentation des filières de Droit (14%). Le sacre des avocats est arrivé avec le Parti Socialiste en 1981. D'abord François Mitterrand en était un, mais il est venu avec ses collègues dont le plus illustre est Robert Badinter, panthéonisé il y a peu. Leur accession au pouvoir a modifié les liens entre ce métier est la politique. Ce fut le début de la législation à outrance. Il faut tout légiférer quitte à avoir une administration pesante qui freine toute initiative. Ce phénomène s'est accéléré avec le deuxième avocat au pouvoir, Nicolas Sarkozy. Peut être n'aurait il pas dû ? Ils sont donc devenus incontournables dans notre système.
4°) Surreprésentation des IEP ou Sciences Po (14%). Tout un chacun pourrait dire que c'est logique. Que la formation a été créée pour avoir de bons représentants au niveau de l'Assemblée Nationale. Mais est-ce réellement le cas. L'image de ces écoles (plusieurs centres en France) est dégradée. Les débordements et les blocages répétés, perpétrés par des organisations syndicales d'extrême-gauche montre l'inefficacité de la direction. On imagine donc, le niveau des études. Celui qui ne maîtrise pas ses étudiants, ne maîtrise pas ses enseignants. Enfin, faire de la politique n'est pas une fin en soi. Il est préférable d'avoir des managers qui créent une équipe possédant les expertises nécessaires que d'avoir des beaux parleurs donc le seul but est de se faire réélire. Quel est le niveau d'expertise obtenu en sortant de ces établissements ? La question se pose. Rappelons tout de même que cela coûte à l'état environ 150 millions d'Euros par an. On recherche des économies..
5°) Peu de grandes écoles. Le nombre de Polytechniciens, Enarques, HEC est insignifiant parmi les députés. Eux qui trustaient les responsabilités auparavant, ont disparu au profit des avocats et des Sciences-Po. Par sûr qu'on y ait gagné. Mais comme déjà développé auparavant, on n'attire pas les mouches avec du vinaigre. Ces étudiants formés pour être des cadres supérieurs voire dirigeants ne sont pas attirés par les métiers de la politique sous rémunérés en comparaison des responsabilités.
L'analyse des parcours étudiants par parti nous renseigne sur les profils de leurs représentants et nous permet de comprendre une partie de leur idées. C'est assez amusant
E.E.L.V : les intellos déconnectés. Deux constats sautent aux yeux lorsqu'on regarde les études de ces élus :
- Ils sont surdiplômés. Plus de 60% ont un bac +5
- Les sciences humaines et les matières littéraires sont prépondérantes.
Leur profil fait penser aux intellectuels qui arpentent les salons parisiens depuis le XVIIIème siècle. Ce sont des penseurs, des philosophes qui essaiment les idées sans pour autant connaître les basiques nécessaires. Tout comme Jean-Jacques Rousseau, dont ils sont les disciples, ils ont des avis sur le monde sans en avoir les connaissances. Dans l'Emile, le philosophe des lumières nous apprend comment éduquer les enfants alors qu'il a abandonné les 5 siens. Toute sa logique est basée sur l'expérience, n'est ce pas ? Sur l'écologie, nos chers députés verts font la même chose. Pas de scientifique dans leur rang, mais ils ne cessent de propager leurs évidences comme étant la réalité. Comment font-ils pour comprendre le nucléaire, le changement climatique s'ils n'ont aucune notion de Physique ? Ils énoncent des principes qu'ils ne comprennent pas. Ce ne sont plus des écologistes amoureux de la nature mais des pseudos philosophes qui pensent avoir la science infuse. Cela se voit dans leur programme : l'ultra féminisme, la déconstruction masculine, l'inclusion, le totalitarisme écologique sont leurs leitmotiv. Revenez à l'écologie, la compréhension de la nature et vous pourrez devenir légitimes. Encore faudrait-il que vous sachiez argumenter par vos connaissances scientifiques vos conclusions.
P.S : des études traditionnelles. Les diplômes des députés du groupe socialiste sont caractéristiques, tout comme la pyramides des âges, de ce qu'on appelle les boomers. Déjà, 28% n'ont pas indiqué de diplômes. Les députés socialistes ont 55 ans en moyenne. Rappelons-nous que le taux de bachelier en 1985 était de seulement de 29%, il est logique que la proportion de non bachelier soit plus importante.
48% des députés sont issus des banc de la Fac. Contrairement aux élus E.E.L.V, les spécialités suivies sont plus conventionnelles, moins "intellectuelles" : histoire, économie, sciences politiques. Peu ont étudié le droit ou la philosophie. Le taux d'Enarque est plus important que dans les autres partis. Comme nous l'avions développé, Enarques et Polytechniciens font partie de l'ancien monde à l'Assemblée Nationale. Le surnom des socialistes est conforme à leurs études et à leur âge : des éléphants.
Ensemble : le parti des Grandes Ecoles. Les études suivies par ces élus sont celles suivies par les entrepreneurs. 11 ingénieurs et 16 diplômés d'une grande école de commerce en sont la preuve. Ces écoles sont celles qui forment les dirigeants ou cadres supérieurs des entreprises, mais aussi de la majorité des entrepreneurs innovants en France. Et pas de n'importe quelle école 1 Polytechnicien, 3 HEC, 3 ESSEC, 3 ENS, 1 ESCP, 1 EM Lyon. Ces profils, associés à des expériences dans le privé et la création d'entreprise, devraient permettre de définir une politique économique pragmatique, conforme aux aspirations des entrepreneurs. Redonner le dynamisme à nos sociétés dans ce contexte morose. Ce travail devrait être favorisé par le nombre d'étudiant en droit. La connaissance du système et des rouages législatifs sont des atouts pour rédiger des textes et surtout les faire approuver. Mais tout ceci est contrebalancé par l'omniprésence de politiciens. 22 diplômés de Sciences Po, qui ne savent rien faire d'autre que de manier le verbe, faire des allocutions et des scoops médiatiques, freinent la mise en place d'action concrète et courageuse. Et le plus mauvais d'entre eux est le chef de l'exécutif qui est incapable d'assumer une décision. Jacques Chirac disait en son temps : "un chef doit cheffer". Aujourd'hui, le pseudo Mozart de l'économie est incapable de faire appliquer la moindre réforme. Il a peur de tout : des gilets jaunes, du COVID, des fonctionnaires, des islamistes, de l'Algérie, des trafiquants de drogue.. Seule son image compte. Il ne vit qu'à travers la reconnaissance. Il a besoin de briller pour exister mais il n'y a plus d'hydrogène dans cette "pseudo" étoile en voie d'extinction. Son action se limite à des éclats dans les médias pour prouver qu'il représente encore quelque chose. Quel dommage ! Un vent de fraicheur aurait pu souffler dans nos institutions. Nous n'avons eu que la grisaille et la bruine. Gardons encore nos imperméables dans l'attente d'une éclaircie. S'il est encore temps
Modem : des études classiques. Les études des députés MODEM sont comme leurs élus : des personnalités classiques, typiques du centrisme. Les diplômes obtenus par ces élus sont honnêtes sans pour autant être exceptionnels. Ils sont anonymes, sans trop d'envergure. Des élèves sérieux, travailleurs mais avec un manque d'originalité et de génie. Leur chef, notre ancien premier ministre, reste dans ce schéma : tout dans le compromis, pas de conflit. A l'extrême, on entre dans le monde des bisounours et on se fait croquer par les "méchants" : américains, russes, chinois et autres peuples voulant prendre le pouvoir chez nous.
Modem : des études classiques. Les études des députés MODEM sont comme leurs élus : des personnalités classiques, typiques du centrisme. Les diplômes obtenus par ces élus sont honnêtes sans pour autant être exceptionnels. Ils sont anonymes, sans trop d'envergure. Des élèves sérieux, travailleurs mais avec un manque d'originalité et de génie. Leur chef, notre ancien premier ministre, reste dans ce schéma : tout dans le compromis, pas de conflit. A l'extrême, on entre dans le monde des bisounours et on se fait croquer par les "méchants" : américains, russes, chinois et autres peuples voulant prendre le pouvoir chez nous.
L.R: des politiciens. Les élus L.R sont de vrais politiques. Ils ont en bu dès le biberon et ont suivi les études adéquates à leurs ambitions. 30% des députés ont fait Sciences Po et 20% ont fait des études de droit. Il ne faut pas s'étonner ensuite que 55% des représentants L.R aient fait une carrière politique. C'est même le problème actuel des L.R : ce ne sont que des politiciens et leur chef de groupe Laurent Wauquiez en tête. Ce statut les bloque dans leurs initiatives. S'ils ne sont pas réélus, ils n'ont plus de travail. Parfois, leurs idées passent après leur avenir personnel. Il n'y a qu'à voir avec le gouvernement Lecornu II, ils ne l'ont pas censuré alors que le budget proposé est à l'opposé de leurs idéaux : augmentations d'impôts, report de la réforme des retraites... Finalement, ils ne font pas mieux que le président Macron : se renier pour garder leurs privilèges. Mesdames, Messieurs de l'honneur et du courage s'il vous plaît. Vous n'êtes pas dignes du général De Gaulle. Ressaisissez vous si vous voulez survivre !
R.N: des études populaires. Les députés R.N sont comme leurs électeurs : des français moyens. Le niveau d'étude n'est pas élevé comparé aux autres partis. 50% n'ont pas documenté leur niveau d'étude ou ont un niveau inférieur au bac. On voit quand même pointer des élites (1 ENS, 2 ESSEC), ce qui n'était pas le cas auparavant et qui montre un début d'ancrages dans les classes CSP et CSP+. Une particularité de ce parti est la forte proportion d'étudiants en droit (le niveau le plus élevé). Cela vient sûrement du fait que le fondateur du groupe et sa fille sont des avocats. Le recrutement a dû commencer dans ce milieu.
Conclusion :
Le profil type de nos députés : un homme fonctionnaire d'une cinquante d'années ayant fait Sciences Po ou des études de Droit.
Comme évoqué dans les chapitres précédents, la pensée étatique est trop présente dans l'hémicycle de l'Assemblée Nationale. En cette période de disette, ce raisonnement est catastrophique. Au lieu de se concentrer sur la réduction des dépenses comme le ferait n'importe quel entrepreneur (voire un père de famille ayant la tête sur les épaules), on recherche à augmenter les recettes. C'est le cercle vicieux mais nos représentants ne savent pas raisonner autrement compte tenu de leur expérience et des études suivies.
Si nous continuons à voter pour les mêmes profils, nous aurons toujours les mêmes résultats. Et je ne parle pas d'idéologie, mais de compétences. Nous ne sommes pas gouvernés par nos élites et les créateurs de richesse mais par des députés n'ayant ni l'expérience, ni les capacités requises pour exercer leur mandat. Le monde virtuel dans lequel nous vivons donne l'apparence à tout un chacun de croire qu'il maîtrise tous les sujets et que son avis est aussi éclairé que celui des experts. Le niveau moyen de l'éducation s'est effondré. C'est aussi le cas de nos politiques. Et c'est catastrophique !! Avant de voter la prochaine fois, examinons non seulement le programme des différents candidats, mais aussi leur CV. Nous pourrons ainsi juger si nous avons affaire à des personnes brillantes et expérimentés pouvant apporter des idées novatrices et bénéfiques pour notre monde ou bien des perroquets qui ne seront que répéter les leitmotiv de leurs dirigeants et qu'accumuler les bourdes et les maladresses.
Pour m'amuser, j'ai essayé de récapituler les profils des élus de chaque parti représentatif (plus de 30 députés) par une phrase. Je vous laisse juger et me communiquer les slogans que vous trouvez appropriés.
La France Insoumise : les montagnards et les sans-culottes
Europe Ecologie Les Verts : les intellos déconnectés
Parti Socialiste : le cimetière des éléphants
Ensemble : tout ça pour ça
Modem : papy fait de la résistance
Horizon : les bourgeois
Les Républicains : les politiciens sans vergogne
Rassemblement National : les français moyens
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