Sécurité par régions : Centre Val de Loire

    
    L'analyse des résultats sécurité en France (lien pour l'article  Résultats securité 2025 par région) amène à avoir des examens plus précis par région pour mieux comprendre la situation de chacune d'entre elles.
 
     Cet article est donc dédié aux résultats du Centre Val de Loire

     La région Centre Val de Loire est réputée pour son calme et sa tranquillité. Mais est-ce réellement le cas ? Comment a évolué la situation depuis 2016 ? Cette article va tenter d'apporter des réponses chiffrées à cette interrogation

Synthèse : 

- La région : toujours une région tranquille même si..
    Le Centre Val de Loire reste encore une région calme malgré une augmentation des infractions plus importante que dans le reste du pays. Comme les autres régions, les actes de violences ont plus que doublé et les fraudes et escroqueries ont fortement augmenté. D'un autre côté, les vols et dégradations volontaires ont diminué. Etonnement, l'explosion du nombre d'infractions liées au trafic de stupéfiants ne s'est pas ressentie dans la région. Les homicides ou tentatives restent à un niveau négligeable.  

- Les départements : 
   - Le Cher : pas si tranquille qu'on aurait pu l'imaginer
        Surtout connu pour le Printemps de Bourges, la cathédrale de cette même ville et les usines d'armement. Vu d'hélicoptère, c'est un département rural et paisible. La vérité est toute autre. Classé à la 69ème place sur 96 sur le plan national, le nombre d'infractions augmente à raison de 15% en une décennie ; 50% de plus que dans le reste de l'hexagone. Le Cher est surtout confronté à une forte augmentation des cambriolages, des violences sexuelles et des violences intra familiales. Il est aussi un département où le nombre de détériorations et dégradations dans l'espace public est le plus élevé (79ème place sur 96), perdant quinze position. A l'opposé, il est plutôt épargné par la violence urbaine et le trafic de drogue, sans doute grâce à sa ruralité qui le protège des dérives des grandes et moyennes métropoles. 
   
   - L'Eure et Loir : la surprise
        Dans le subconscient des plus anciens, nés avant 1980, la réputation de l'Eure et Loir est celle d'un département sulfureux. M et Mme Stirbois à Dreux ont obtenu les premiers succès du Front National dans les années 80. Force est de constater que cette image est erronée. Département le plus sûr de la région, il se classe 25ème au niveau national, gagnant 10 places. Toutes les catégories sont concernées hormis les vols. Les points forts sont les bons résultats concernant les fraudes et escroqueries ainsi que l'usage et le trafic de stupéfiants. Sur ce dernier point, comme dans toute la région, la croissance est limitée et l'Eure et Loir échappe aux tentacules de la pieuvre de la drogue.
   
    - L'Indre : la descente aux enfers
        La situation de l'Indre est alarmante. Jadis, parmi les départements les plus sûrs, l'ensemble des items de sécurité se détériore y compris les vols et les dégradations volontaires qui progressent dans le reste du pays. La situation est particulièrement critique pour les violences (et en particulier les violences sexuelles) et les escroqueries qui ont plus que doublé en 10 ans. Seul rayon de soleil, la stagnation des infractions liées aux stupéfiants, mais comme cité ci-dessus ce n'est peut être qu'une question de temps, la pieuvre envahissant peu à peu tout le territoire. Le sentiment d'insécurité se fait ressentir dès qu'un équilibre se dégrade. L'ampleur de la dégradation des indicateurs sécurité dans ce département rural explique peut être la montée du Rassemblement National qui a doublé son score en 10 ans atteignant 41% aux dernières élections législatives. Seuls les technocrates parisiens s'en étonnent.  
    
    - L'Indre et Loire : le vilain petit canard régional
        Sans atteindre un niveau de dégradations équivalent à son voisin l'Indre, la situation de l'Indre et Loire n'est pas mirobolante non plus. La détérioration des résultats est 2 fois et demi plus importante que sur le reste du territoire. Les violences ont réellement explosé. Elles ont plus que doublé en une décennie. Et cela concerne toutes les types de violences : sexuelles, intrafamiliales et urbaines. Autres marqueurs du changement de paradigme : les escroqueries et fraudes au moyen de paiement (81ème position sur 96) mais surtout la stagnation du nombre de vols alors qu'en France la tendance est une baisse de 16% (et une 75ème place au niveau national). Les cambriolages en sont la cause principales. En augmentation de plus de 70%, les tourangeaux doivent regretter l'époque bénie et pas si lointaine où ils laissaient leur voiture voire leur domicile non verrouillés. Une embellie : le trafic de stupéfiants qui n'a pas encore pollué le département. 
       
    - Le Loir et Cher : dans la moyenne
        Patrie des châteaux de la Loire les plus prestigieux (sans vouloir offenser les tourangeaux et angevins), le département se situe au niveau de la moyenne nationale (44ème sur 96). Tout comme le reste du pays, les actes de violence et les fraudes et escroqueries doublent en 10 ans. Le Loir et Cher reste cependant le moins violent quelque soient les catégories. Comme les autres ruraux, les cambriolages progressent à l'encontre du reste de l'hexagone. Le retard pris sur la mise en place de moyens de protection en étant une des causes premières. A noter, l'excellente 4ème place sur l'item trafic et consommation de stupéfiants
    
    - Le Loiret : une exception
        Le Loiret est une exception dans le marasme sécuritaire national. Il fait partie des 20 départements (sur 96) dont le nombre d'infractions diminue. Cela se traduit par un gain de 25 places au classement national pour se positionner en 44ème position. Ce résultat est consécutif à la réduction de plus de 25% des vols et des dégradations volontaires, mais aussi à la moindre augmentation des escroqueries et fraudes en comparaison avec les autres départements. A l'opposé, les actes de violences ont augmenté au niveau de la moyenne et les violences sexuelles et intrafamiliales ont plus que doublé. Le Loiret est aussi le seul département qui voient les infractions liés aux stupéfiants s'amplifier. La croissance est certes trois fois inférieure qu'ailleurs, mais le fléau s'implante. 
___________________________________________________________________________________
Pour les plus courageux, l'analyse chiffrée détaillée !

1°) Les résultats globaux. 


    La région Centre Val de Loire reste encore une des régions les plus calmes en terme de sécurité malgré une hausse du nombre d'infractions supérieure à la moyenne (13% vs 9% au niveau national)

    La moitié de cette dégradation vient de l'augmentation du nombre de cas en Indre et Loire et un quart est la conséquence de la hausse des cas en Indre.


    
   Tous les départements gardent encore des résultats inférieurs à la moyenne nationale (48 cas pour mille) avec une belle surprise : l
'Eure et Loir est un des départements les plus sûrs de France. Ce n'est pas exactement l'image que nous pouvions en avoir, Dreux étant la première ville avec des scores Front National importants à cause de l'insécurité
    Le résultat du Loiret est aussi étonnant. Abritant la capitale régionale, on aurait pu penser que ses résultats se soient dégradés. Au contraire, ils sont en amélioration et sont même meilleurs que les départements les plus ruraux : le Cher et l'Indre


    

    Le Loiret est un des rares départements a amélioré ses résultats depuis 2016

    A l'opposé, l'Indre, département rural a enregistré une hausse du nombre d'infractions de 46%, soit 5 fois plus que la moyenne nationale




    
    La physionomie des actes de délinquance a évolué en 10 ans. 

    Les vols qui représentaient presque la moitié des infractions ne forment plus qu'un gros tiers. De même le poids des dégradations et détériorations volontaires diminue aussi. 

    A contrario, la part des violences a plus que doublé. Une partie s'explique par l'augmentation des violences sexuelles et des violences intrafamiliales. Les campagnes d'information sur les féminicides et sur les droits des femmes ont décomplexé les victimes qui portent plaintes plus facilement. Mais cela n'explique pas tout. La hausse de la violence urbaine, l'ensauvagement de la France et les faibles punitions infligées aux auteurs de ces actes sont aussi des facteurs aggravants

    Les escroqueries et fraudes ont aussi augmenté

    Etonnement, la région est épargnée de l'explosion des plaintes pour consommation et trafic de stupéfiant

Tableau de synthèse régional : 


2°) Les vols

    Le nombre de vol est très inférieur à la moyenne nationale. C'est le cas dans tous les départements. Ceci explique peut être la faible amélioration de 8% à comparer avec la baisse de 16% dans l'ensemble de l'hexagone

    La baisse du nombre de cas est sensiblement égale à la chute du nombre de cas dans le Loiret

    A l'opposé l'Indre qui était le département le plus tranquille s'est fortement dégradé en une décennie.





    Quand on regarde dans le détail, on remarque que :
- les cambriolages représentent 4 cas pour mille par habitants et sont en hausse de 13%. Cette dégradation concerne tous les départements hormis le Loiret. Les demeures provinciales ne possèdent pas encore le niveau de protection (alarme, caméra...) que les zones urbaines. 
- les vols de véhicules ou d'accessoires sont au nombre de 5 cas pour mille et chutent de 11%. Seul l'Indre est en forte dérive +45% en 9 ans. C'est un indicateur qui montre la dégradation de la sécurité de cet ancien havre de paix et ce n'est pas le seul. 
- les vols sur personne sont quant à eux à 6 cas pour mille et s'améliorent de 16%. Encore, seul l'Indre se dégrade de 9%



Tableau de synthèse régional pour les vols. 




3°) Les violences


    Tout comme dans le reste de la France, les actes de violence ont presque doublé en 9 ans. L'ensemble des départements est touché à peu près de manière similaire par ce fléau. 

    Malgré cela, la région peut être considérée comme tranquille au niveau national.

    Les villes importantes sont plus exposées que les autres. C'est pourquoi, le Loiret et l'Indre et Loire ont des scores supérieurs. Les départements plus ruraux s'améliorent nettement dans le classement national hormis l'Indre qui se dégrade légèrement.


    Une analyse plus approfondie nous apprend que :
- 25% des agressions sont des violences sexuelles. Leur explosion +149% s'explique en grande partie par la médiatisation des actes qui a entraîné une ouverture de la parole des femmes. Un doublement du nombre de cas est généralisé dans la région avec deux très mauvais élèves : l'Indre et l'Indre et Loir qui ont triplé le nombre d'infractions. 
- 45% sont des violences intrafamiliales. Là encore, la hausse est continue pour atteindre à 135% en 2025. Là encore, la sensibilisation sur les féminicides a aidé les plaignantes à pousser la porte des commissariats et des gendarmeries. La dégradation est régulière quelque soit le lieu
- 30% sont des violences urbaines en hausse de 35%. Le vilain petit canard est l'Indre et Loire qui a vu ses résultats se dégrader de 79%. 

Tableau de synthèse régional pour les violences. 



4°) Les dégradations et détériorations volontaires 

    Là encore, l'évolution régionale est cohérente avec le résultat nationale. Le nombre de dégradations et détériorations volontaires a chuté de 14% en une décennie. C'est une tendance générale. 

    L'ensemble des départements s'améliore, sauf l'Indre (encore pourrait-on dire) qui voit le nombre de ces infractions croître de 19%

    Compte-tenu des populations respectives, le Loiret enregistre la moitié de la diminution des cas et l'Indre et Loire un quart. 

    Les départements ruraux Cher et Indre sont de manière contre intuitive les plus concernés. Est-ce dû justement au manque d'activités proposés aux jeunes ? Peut-être, les images défilant en continu sur les réseaux sociaux et autres programmes TV incitent les jeunes à réaliser ces actes en banalisant ces méfaits. Entendre des politiciens dire que la "police tue", montrer des actes de violences à chaque manifestation parisienne banalisent la violence et la valeur du bien commun n'existe plus.  D'un autre côté, la perte de repère par une éducation parentale plus laxiste et un niveau scolaire de plus en plus faible ne permet plus de distinguer le bien du mal. D'autant plus que le laxisme judiciaire, relâchant ces petits délinquants sans aucune contre partie pour la société donne un sentiment d'impunité. 


Tableau de synthèse régional des dégradations et détériorations volontaires


5°) Les fraudes et escroqueries 

    
    
    L'augmentation du nombre d'escroqueries en France se ressent aussi dans la région Centre Val de Loire. La croissance du nombre de ces infractions est similaire à celle de la France. 

    La prolifération d'Internet et des smartphones dans l'Hexagone facilite ces délits. Les pertes de liens sociaux lors de la période COVID et les années suivantes ont facilité les arnaques. On aurait pu penser que les départements plus ruraux soient moins concernés. Mais malheureusement, ce n'est pas le cas et le niveau est semblable sur l'ensemble de la région (sauf peut-être en Eure et Loir qui reste épargné). La population vieillissante et moins aguerrie aux nouvelles technologies est moins enclin à faire attention aux risques informatiques et peut se faire duper plus facilement : donner un code de carte bleue, ouvrir des publicités infectées par des virus.. D'autant plus que les fraudeurs sont de plus en plus compétents. Distinguer des phishings des mails officiels devient une expertise ; l'IA facilitant la supercherie. 
    

Tableau de synthèse régional des fraudes et escroqueries



6°) Le trafic et la consommation de stupéfiants 

    La région Centre Val de Loire semble épargnée par le fléau de la drogue. Le taux n'a que faiblement progressé depuis 2016 (+8%). Et encore, en fonction des années les résultats sont tantôt supérieurs, tantôt inférieurs à cette année référence. On peut dire, sans se tromper mathématiquement, que le niveau est stable et que la gangrène qu'est le trafic et l'usage de stupéfiants ne se développe pas. C'est la région avec les meilleurs résultats. 
   
    Les départements mitoyens de l'Ile de France, Loiret et Eure et Loir sont les seuls dont le nombre d'infractions augmentent sensiblement. La pieuvre déploie ses tentacules petit à petit. D'abord Paris, puis la petite couronne, les départements franciliens limitrophes et enfin les départements mitoyens. En attendant, sa lente propagation si rien n'est fait pour la juguler. 


Tableau de synthèse régional trafic et consommation de stupéfiants


6°) Les homicides

 
    Il est toujours difficile de donner des tendances sur les homicides et les tentatives compte-tenu du faible nombre de cas. On atteint souvent les limites des statistiques et les écarts ne sont pas représentatifs. Pour exemple, les résultats de l'Indre. La détérioration de 600% paraît gigantesque, mais passer d'un cas à 7 en une décennie est moins extraordinaire. L'Indre reste par ailleurs l'endroit le moins exposé à ces délits en Centre Val de Loire. 

    Pour autant, la courbe de progression semble montrer une dégradation depuis le COVID (136 cas vs 83 en 2016). Là encore les départements les plus peuplés concentrent la détérioration : la moitié pour le Loiret et un quart pour l'Indre et Loire.  

    Ce n'est pas encore la jungle ; tous les départements étant sous la moyenne nationale (0,08 cas pour mille habitants)


Tableau de synthèse régional homicides et tentatives




Références : 




    



Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Qui sont nos députés ?

Les chiffres de la sécurité 2024 : en dégradation de 12% depuis 2021

L'insécurité par région (data 2025) : l'Ile de France et PACA temples de l'insécurité. La Corse région la plus sécure.